5 ANS PLUS TOT
Andréa se trouvait dans un magasin de vêtements quand son téléphone avait sonné. Ce jour-là, sa vie avait basculé. La voix au bout du fil lui dit :
" Melle Wells ?
_ Oui ? répondit-elle étonnée que quelqu'un l'appelle.
_ C'est au sujet de votre mère.
_ Qu'est-ce qu'il se passe ? "
Andréa était inquiète. Elle espérait qu'il ne lui était rien arrivé de grave.
" Elle a été renversée par une voiture.
_ Quoi ? Mais elle va bien j'espère ? répondit-elle en pleurant.
_ Je suis désolé Melle. Elle est morte sur le coup."
Le monde s'effondrait autour d'elle. Sa mère était tout ce qu'il lui restait. Son père avait été tué quand elle avait trois ans et ses parents avaient rompus tout contact avec ses grands-parents car ils n'approuvaient pas leur mariage. Elle n'avait personne à qui se confier. Elle n'avait pas d'amis et jusque-là, ça ne l'avait pas dérangée, mais à cet instant, elle réalisa combien c'était important. Sans s'en rendre compte, elle s'était écroulée au milieu du magasin. Une femme vint lui parler :
" Ca va Melle ?
_ Oui merci, répondit-elle très difficilement car elle essayait de ne pas pleurer."
Elle se leva et se mit à courir en laissant par terre les vêtements qu'elle avait dans les mains. Ses pieds la menèrent malgré elle chez elle. Chez elles. Tous ses souvenirs étaient dans cette maison. Une larme coula. Elle ne pouvait plus se retenir. C'était trop dur. Elle rentra. Tout lui rappelait sa mère. Elle alla dans sa chambre, prit un de ses vêtements et le sentit. Il sentait si bon. Il sentait le parfum de sa mère, eau de rose. Elle s'allongea sur le lit de sa mère et s'endormit avec le vêtement à la main.
Elle fut réveillée par son téléphone. Deux coups de fil en un seul jour c'était trop. Elle répondit à contre-coeur :
" Oui allo ?
_ Melle Wells ? Je vous appelle pour tout régler.
_ Tout régler ? répéta-t-elle sans comprendre.
_ Oh désolé je ne me suis pas présenté. Daniel Chauvy. Je travaille à l'orphelinat de Londres. Etant donné que vous n'avez que 16 ans, vous devez venir à l'orphelinat. Là-bas vous irez dans une famille d'accueil. De plus, je dois vous poser une question.
_ Allez-y au point où j'en suis, répondit-elle les larmes aux yeux.
_ Votre mère avait fini de payer la maison et je voulais savoir si vous souhaitiez la garder ou la vendre.
_ La garder bien sûr.
_ Très bien vous l'aurez à 18 ans comme le reste. Bien il est 18 h, je viens vous chercher à 20 h ça vous va ?
_ Oui mais de toute façon je n'ai pas le choix.
_ Non vous avez raison. Soyez prête !"
Pour toute réponse, elle raccrocha. Ce type ne lui inspirait pas confiance, il avait l'air de plus s'intéresser à la maison qu'à elle. Elle alla dans sa chambre et fit ses valises en tachant de ne rien oublier.
A 19h30, elle était enfin prête. Prête pour sa nouvelle vie...